Le
bâtiment du Troisième Régiment de Parachutistes de l'Infanterie
de Marine Aéroportés qui barre l'horizon sur le boulevard Roumens
est imposant, austère, comme il sied à une caserne, mais date
quand même du 18e siècle.
La caserne Laperrine fut construite par un architecte
local Louis Melair, afin de servir de quartier de cavalerie. Elle comportait
32 écuries
pouvant contenir jusqu'à 960 chevaux et 1600 hommes. La première
pierre en fut posée en 1721. Elle n’était alors que « cazerne royale », selon
l’orthographe de l’époque, et devint sous la Révolution « cazerne
nationale ».
Ce vaste bâtiment abrita, à un rythme parfois très rapide,
de nombreux régiments, tant d’infanterie que de cavalerie, parmi
les plus prestigieux de notre pays. Quand on connaît l’intérêt
qu’a, de tout temps, suscité l’uniforme sur la population,
et notamment sur la population féminine, il y a lieu de penser que
la présence de ces militaires dans les rues de Carcassonne ne devait
pas passer inaperçue.
Pourtant, l’arrivée chez nous, en octobre 1763, de soldats à l’accent étranger
et dont les uniformes écarlates tranchaient sur ceux des régiments
français voués au blanc ou au gris clair, ne dut pas peu étonner
nos compatriotes : il s’agissait en effet des Irlandais appartenant
au fameux régiment d’infanterie de Dillon composé
d’un seul bataillon de treize compagnies,
dont une de grenadiers.



