"La naissance de la République des DEUX-MOULINS, au CNSE (club nautique saint-eugénois) en 1948-49"

La Fête des Deux-Moulins 1948
 Cette année-là, elle s'est déroulée très exactement du 31 juillet au 8 août 1948 et si le pays sortait à peine de la seconde guerre mondiale, je n'avais pas atteint mes 12 années d'existence.
Le cœur était à la fête et toutes les banlieues algéroises organisaient leur Fête annuelle, la plus célèbre fut sans doute celle des Bains-Romains avec le venue des stars de la chanson française. Celle de Richard Anthony, au sommet de sa gloire,  avait constitué un véritable événement. Il n'empêche que cette année-là aux Deux-Moulins elle avait été particulièrement réussie.
D'abord parce que deux moulins à vent, en contre plaqué, avaient été érigés sur les cultures en restanques de la propriété Nocchi, en face du restaurant de « La Madeleine » au cœur tout palpitant des Deux-Moulins. Et qu'un très grand Don Quichotte, on avait dû avoir du mal à lui dégotter une armure adéquate, accompagné de son fidèle Sancho Pança, les avaient pris d'assaut.
Mais ce n'était pas tout, car la fête était placée sous l'égide de la République Libre des Deux-Moulins, présidée en habit, guêtres blanches et chapeau melon, par une figure emblématique du lieu, le baron André de Vialar. Lequel prit son rôle très au sérieux nonobstant le fait qu'il était curieux de confier une république, fût-elle libre... à un noble !
Les organisateurs, cette année-là étaient tous coiffés d'un canotier, très pagnolesque, et ils en usaient comme aujourd'hui on le fait d'un badge, ils étaient les officiels auxquels toutes les portes étaient ouvertes. Pas le public souvent maintenu derrière des barrières comme on peut le constater sur les photos jointes. Les organisateurs en question avaient également prié le Club Nautique de Saint-Eugène (C.N.S.E), le club de natation et de water polo, qui logeait sous les voutes entre la poudrière et la mairie, pour constituer une armada de corsaires en... « pastéras » pour attaquer les Deux-Moulins et débarquer sur la plage Lebhar, à quelque deux cents mètres, à l'ouest de la place sur laquelle se déroulait tous les soirs le traditionnel bal.
Pour les accueillir, et de tout de blanc vêtu, il y eut un « Amiral » plus ou moins authentique, qui répondait au nom de Di Meglio, pour les accueillir et lire les discours officiels (voir photo).
Le seul maire que j'ai jamais connu de toute mon existence de l'autre côté de Mare Nostrum, Raymond Laquière, tout de blanc vêtu également, était venu honorer de sa présence et saluer notre très respectable Président de la République Libre des Deux-Moulins, le baron André de Vialar.
Enfin, aucune fête ne se terminait sans élection de « Miss » et c'est l'une, sinon les deux filles Coutenceau qui avaient enlevé le pompon, comme on peut le voir sur l'une des photos, que ceux qui les reconnaissent veuillent bien nous indiquer leurs prénoms.
Mais quelles étaient belles ces fêtes et que de romances se nouaient au cours de ces huit bals de longue.
Gérard STAGLIANO

gerard-stagliano@orange.
Jacques et Catherine Acher viennent de m'envoyer des photos assez fabuleuses de la Fête des Deux-Moulins de 1948. J'avais 12 ans à l'époque et je me souviens parfaitement de toutes les festivités auxquelles avait participé le Club Nautique de Saint-Eugène dont tous les membres étaient déguisés en corsaires et avaient abordé sur la plage Lebhar. Il y eut ensuite pour les accueillir un Amiral Di Meglio, tout de blanc vêtu, plus ou moins véridique. Tous les organisateurs avaient un canotier et parmi eux mes deux oncles maternels, Norbert et René Mirallès. Ce dernier gardien de but de l'équipe de water polo du C.N.S.E. Cette année-là aussi, on avait construit deux moulins à vent en contreplaqué sur les restanques de la propriété Nocchi, incontournable aux Deux-Moulins, et bien évidemment un Don Quichotte et un Sancho Pança étaient montés à l'assaut de ces deux moulins. Enfin notre inamovible maire de Saint-Eugène, l'indestructible Raymond Laquière, également tout de blanc vêtu, mais curieusement avec un feutre gris en plein été (fête du 31 juillet au 8 août 1948 !) était venu congratuler notre cher Baron André de Vialar, en habit, avec guêtres blanches et chapeau melon, qui avait été tout aussi curieusement bombardé Président de la République Libre des Deux-Moulins, un noble pour présider une république ce n'était pas banal non plus. Et, pour les Saint-Eugénois qui s'en souviennent, les filles Coutenceau étaient très belles et l'une d'elles, sinon deux d'entre elles, avaient été élues Miss Deux-Moulins, quel honneur pour les filles du bar qui était situé sous les arcades de la marie.

Gérard STAGLIANO
gerard-stagliano@orange.fr